Face à toi, Océan

         Océan, face à toi, je prie. Je crois en tes pouvoirs. Plus même qu’en la vie ? Tandis que je me perds, tandis que l’on m’opère ; tu suis le songe de ces dieux anciens. Je te prie pour guérir. Espoir naturel, surnaturel ?

         Je crois en tes Mystères. Je crois que tu cicatrises d’invisibles plaies. Je sais que ton esprit, cœur des cellules qu’on voit, se niche dans un repli inavoué et qui durera.

         Face à toi, Océan, je vis. Ne crois pas que j’oublie. Nos querelles d’enfants pour demeurer fidèles. Nos désirs adultes : vraies ou fausses soifs. Toi, tu les étancheras mieux qu’un veau d’or caché sous de fallacieux discours.

         Océan, je ne conçois clairement tout ce qui nous lie. Est-ce une peur viscérale ou un bel enthousiasme ? Tandis que l’on m’opère, je revois ton horizon bleu : ces champs, ces sillons, ces clairières. Je revois, je revis entre tes cieux.

         Tous ces visages sculptés, des Cyclades à la Bretagne, de la Polynésie aux Pôles ; se résumeraient-ils en Toi ? Océan, j’attends. C’est ton front que j’espère, moi que l’on opère.

         Qu’est l’hybris de certains hommes face à tous tes trésors ?

         Tes vagues ne m’ont pas tué. Ton bleu m’a restauré, recouvert ! Tous tes charmes opèrent… Ma prière n’est pas vaine si ton vœu n’est pas neutre. Les flots, le vent, le large sont eschatologiques.

         Océan maintenant, tu me donnes un baiser. Si une bonne nouvelle doit passer, dis-moi comment te parler.

© VB, 2026

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